J’ai lu Franck Thilliez pendant des années, bien avant d’imaginer que j’écrirais un jour. La précision du geste procédural, la manière dont l’enquête et la psychologie des personnages s’enchevêtrent sans jamais se lâcher. C’est sans doute là que l’idée a commencé à germer, sans que je m’en rende vraiment compte.
Il y a eu aussi une série, rien à voir avec un roman noir ou polar. Mais cette façon qu’avait cet homme d’être sans arrêt pris avec ses propres contradictions m’a marqué. Je me souviens m’être dit, un soir, pourquoi pas moi.
L’idée est restée là plusieurs années, sans bouger.
Puis l’été 2025 est arrivé. J’ai accepté un poste à Marseille. J’habitais Montpellier, j’y habite toujours, mais une partie de la semaine, je me retrouvais seul là-bas, loin de chez moi. Le soir, après le travail, j’ai commencé à écrire.
Tout a débuté par le choix du lieu. Pas des personnages, pas une intrigue. Un endroit. Royan s’est imposé presque tout de suite. J’y suis né, j’y ai grandi, j’en connais les carrelets, les jetées, la lumière particulière de l’été sur l’estuaire. Écrire sur un endroit qu’on connaît par cœur change tout. Chaque rue porte déjà quelque chose, avant même qu’on y pose une intrigue.
Sombres Rivages est né de ça. D’un homme seul dans un appartement à Marseille, le soir, qui repense à Royan.
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